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Sélection Soul saisonnière

Sélection estivale de soul sudiste pour ryhtmer vos barbecues !

couverture southern soulAprès une prescription automnale  d'albums souls venant des quatre coins des États-Unis et même au-delà, puis une incursion hivernale dans le cœur de la Northern Soul à l'occasion d'un expresso musical dédié à la ville de Detroit: voici la sélection estivale dédiée à la Southern Soul (soul sudistes),  bande son idéale pour vos barbecues et vos pique-niques champêtres !

On a souvent tendance à opposer la soul du Nord qui pour atteindre les charts pops est accusée de dissimuler, autant que faire se peut sa negritude, à une soul du sud censée être plus authentique, plus proche de ses racines. Pourtant les labels sudistes avaient, tout autant que leurs homologues nordistes, soif de succès commerciaux.   De nombreux artistes du sud, de plus, allèrent tenter leur chance au nord et des artistes du nord, et non des moindres, enregistrèrent certains de leurs tubes dans les studios du sud pour le compte de labels du nord à l'instar d'Aretha Franklin, de Wilson Pickett ou encore d'Etta James …

(photo : CC BY-NC-SA 2.0 Drriss & Marrionn, Memphis Record O phone RC 47 A)


Le meilleur de la  Southern Soul se distingue néanmoins par son mix riche en blues et gospel agrémenté d'un soupçon de country. Autre caractéristique notable : alors que la ségrégation raciale prenait officiellement fin, la majorité des groupes de  studio étaient constitués de musiciens noirs et blancs.

La capitale de la Soul sudiste est sans CC BY-NC 2.0 Thomas Hawk Memphis Bound Stax museum of American Soul Music 2010conteste Memphis, et Stax record fut son label phare (même si il ne faut pas oublier Muscle Shoals que Sebastian Danchin nomme :  "La Capitale secrète du rock et de la soul"). Vous trouverez à la médiathèque une copieuse compilation retraçant en 4 cds sa riche histoire. 

The Stax story. Concord Music Group Inc. ; Paris : Universal Music France S.a, 2007

 

(CC BY-NC 2.0 Thomas Hawk Memphis Bound Stax museum of American Soul Music 2010)

On trouve également des compilations ou albums des artistes les plus célèbres du label : Otis Redding, Sam & Dave, Rufus Thomas, Albert King, Isaac Hayes ... Mais pour cette sélection nous ferons la part belle au producteur-musicien Willie Mitchell et au label Hi records. C'était originellement un label rockabilly fondé par des anciens de Sun records, mais avec l'arrivée à la production de Willie Mitchell, il se réorienta vers la soul et devint le seul label à partir de 1970 à faire vivre le Memphis sound. On les a déjà évoqués dans  la Prescription Automnale via le superbe I Can't Stand the rain d'Ann Peebles. 

Ann Peebles.I can't stand the rain . Fast Possum Records, 2009. 



willie mitchell Willie Mitchell, depuis les désormais mythiques Royal Studios  (ancien théâtre construit en 1915 à l’acoustique spéciale voire mystique selon le producteur ), élabora quelques uns des plus beaux titres soul de cette décennie. Pour cela il s'assura le concours d'un backing band  de haute volée : la Hi Rhythm Section dont l'orchestration sobre, la rectitude rythmique combiné à la chaleur de l'orgue et des cuivres servirent parfaitement de tremplin aux voix des interprètes et donna aux enregistrements une  saveur deep soul unique.
(Billboard, page 21, 3 September 1966 no cop.)


O.V. Wright. The soul of O.V. Wright. MCA Records, 1972-1992
1.4 WRI
Cette compilation réunit  des morceaux d'O.V. Wright antérieurs à ceux qu'il enregistra pour Hi Record mais tous furent produits par Willie Mitchell pour le compte du label Back Beat Records. Même si il fait partie des grands chanteurs de soul, O.V. Wright est malheureusement quelque peu  tombé dans l'oubli après sa mort en 1980. Heureusement les compilations Shaolin Soul, regroupant des titres samplés par le Wu Tan Clan dont le fameux Motherless Child (17) , ont réhabilité ce chanteur qui le méritait bien !  OV Wright est un excellent artiste de gospel et soul-blues au chant expressif toujours à la limite de la rupture. La voix plaintive de l'artiste fait des merveilles sur les morceaux lents tels que You're Gonna Make Me Cry (1) ou Eight Men, Four Women (10).

Al Green.Love & happiness  : the very best of . Demon Music Group Ltd. ; Niort : distrib. La Baleine Distribution, 2005.

Al Green fut la grande star du label Hi Record : pas moins de quinze singles  dans le top 10 en cinq ans ! Avec Willie Mitchell, ils allaient donner un second souffle à la soul au début des années 70 en proposant, selon Peter Guralnick, « une nouvelle façon d’accommoder une idée ancienne, un nouvel avatar excentrique et raffiné du style lyrique et imprégné de gospel de Sam Cooke, tamisé par l'approche vocale morcelée d'Otis Redding et par la vision particulièrement fragmentée d'Al Green lui même [...] cette même élégance aux multiples facettes que Willie Mitchell et Al Green utiliseront bientôt pour entraîner la soul music – la vraie soul music, décomplexée, engagée corps et âme – vers des rivages calmes et luxuriants qu'elle n'avait jamais connus auparavant ».

En 1974 suite à la mort dramatique de sa compagne Mary Woodson, il se tourne vers la religion et se fait ordonner pasteur ce qui infléchit sa carrière musicale. Après un accident sur scène en 1979, il y mit fin. Depuis 1990, il a fait son  retour sur scène et a enregistré quelques albums.

Syl Johnson.The Complete Syl Johnson on Hi Record. Cream records, 2000
1.4 JOH
Syl a commencé sa carrière en tant que musicien de blues  (guitare et harmonica) en accompagnant  quelques uns des grands noms du Chicago blues (Jimmy Reed, Magic Sam …). Alors que les afro-américains se détournaient du blues, Syl Johnson enregistra des titres soul pour plusieurs labels (notamment  Is It Because I'm Black ?, qui atteint le numéro 11 dans les charts R&B en 1969).
En 1971, il  rejoignit Hi records et enregistra sous la houlette de Willie Mitchell plusieurs singles et trois albums qui ne lui permirent pas, malgré leur qualité, de connaître un vrai succès commercial restant toujours dans l'ombre de la grande star du label Al Green. L’intégralité de ces morceaux sont disponibles à la médiathèque dans le CD The Complete Syl Johnson on Hi Records dont les titres constituant son troisième et  certainement meilleur album Total Explosion en 1976 (CD 1 24-26 et CD 2 1-6), le seul de la période Hi où il joue de l'harmonica et de la guitare.

Syl Johnson at the New Orleans Jazz & Heritage Festival 1997Il comprend l'unique hit de l'artiste pour Hi records, Take me to the river reprise d'un morceau ... d'Al Green. Selon la chronique de  Jacques Périn publiée dans Soulbag n°215 « il défend  avec panache les les compositions d'Earl Randle et Willie Mitchell, entraînant dans les up tempos (Watch you do to me) émouvant dans les ballades (magnifique That's just my luck en mineur). Un chef d’œuvre à (re)découvrir toutes affaires cessantes) ». Face à la vague disco et à la perte de vitesse de la soul, il réorienta sa carrière vers son premier amour : le Blues profitant du revival du genre à la fin des années 80.
(photo ci dessus : Syl Johnson at the New Orleans Jazz & Heritage Festival CC BY-SA 3.0 I, Sumori)


Plusieurs titres de Syl Johnson ont été samplés par des rappeurs dont sa chanson Different Strokes (Public Enemy, Wu-Tang Clan, Kool G Rap, MC Hammer et Geto Boys ....). Cela permit aux jeunes générations de redécouvrir son superbe repertoire Soul et régénéra la carrière de l'artiste.

Denise La Salle. Making a good thing better : the complete Westbound singles 1970-1976. Ace Records, 2013.
1.4 LAS 13

Les singles réunis dans ce CD ne furent  pas enregistrés pour le compte  d'Hi records mais pour le label Westbound situé à Detroit, la Mecque de la soul nordiste ! Par contre les premiers titres furent gravés aux Royals Studios et arrangés par Willie Mitchell (1,3-6). Et la magie du lieu opéra car Trapped by a thing called love et Now Run and tell that furent des succès commerciaux. Le premier atteignit même la première place des charts R&B et contribua avec le Tired of Being Alone d'Al Green, à définir le Memphis Sound du début des années 70.

En 1973,  comme les artistes se bousculent au portillons de  l'ex-théâtre, Denise dut changer de crémerie et délocalisa l'enregistrement de ses titres dans l'autre grande capitale de la southern soul : Muscle Shoals dont les studios (Fame et M.S.S.S. ) réussirent si bien à Aretha Franklin, Wilson Pickett … et même aux Stones.

Malgré la qualité des morceaux qu'elle y enregistra (le très funky Get Up Off My Mind qui vous permettra d'éliminer les calories dues à un excès de grillades ou le bluesy The Best Thing I Ever Had, 16-17), Denise Lasalle ne put renouer avec le succès. Il lui fallut attendre 1976 pour retrouver le chemin du classement Soul avec son dernier titre pour Westbound gravé cette fois à Detroit  loin de ses racines sudistes !

Ce CD est une belle rétrospective des meilleurs années d'une reine de la Soul toujours en activité à l'heure actuelle.

Il est temps de quitter Memphis pour nous enfoncer plus profondément dans le sud des États-Unis à destination de la troisième ville de la Louisiane Shreveport. Le label  local, Murco n'a pas la renommée d'un Hi Record encore moins celle d'un Stax, mais Kent/Ace records nous permet via des compilations superbement réalisées de découvrir les belles réalisations du label de Dee Marais. 

 

Eddy Giles.Southern soul brother   : the Murco recordings 1967-1969. Ace Records, 2014.
1.4 GIL

Eddy Giles, chanteur et guitariste de gospel, fut la star de Murco pour lequel il enregistra de 1967 à  1968 de très bons singles soul-blues. Malgré la courte carrière discographique de l'artiste et un succès commercial seulement régional, la compilation ne comporte aucun déchet et n'est aucunement monotone car les compositions d'Eddy Giles et de ses compères ne tombent presque jamais dans la redite de leur succès initial.


Ce disque est l'un de mes coups de cœur soul de l'année, merci à Kent pour avoir sauvé son œuvre de l'oubli !

Pour finir, revenons sur le pionniers du soul blues : Bobby Bland, parfait trait d'union entre ces deux genres de la musique afro-américaine.


Bobby Bland. Two Steps from the Blues. MCA Records, 2001.
1.1 BLA

L'autre Beale Streeters n'a pas eu une carrière de l'ampleur de BB King au niveau international mais il fut adulé et une voix de référence de l’Amérique noire. Son blues sophistiqué centré sur les ballades  verse largement dans la soul. Cela  lui permit de continuer à garder un public noir dans les années 60-70. Néanmoins,  si il a participé à la naissance de la soul, il assista à son envol "sans toutefois être du voyage". Il n'a pas réussit contrairement à Ray et Sam Cooke à toucher les ados de toutes les couleurs, restant cantonné au public adulte. 



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